LE
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Mao Yushi, économiste chinois et chercheur au centre de recherche Unirule, plaidait il y a peu pour ne pas s’en prendre à ceux qui réussissent et de trouver le juste équilibre entre défendre les riches et agir pour les pauvres.
« Plaider la cause des pauvres n’est pas suffisant », écrit-il. « Les pauvres ont besoin d’actions concrètes en leur faveur. Il faut les aider pour que leurs enfants puissent faire des études, pour qu’en cas de maladie ils aient les moyens de se faire soigner, […] pour que ceux qui, par malchance, tombent sur un patron filou puissent trouver quelqu’un pour les aider à se défendre. Je suis aussi favorable à ce qu’on parle pour les pauvres, car leurs droits ont aussi besoin d’être protégés. Mais je suis contre ceux qui le font par démagogie, pour mettre l’opinion publique de leur côté, ceux dont les propos ne servent pas les intérêts des pauvres. Par exemple ceux qui encouragent les pauvres à s’opposer aux riches, qui présentent les riches comme des coupables, qui affirment que les pauvres et les riches sont deux groupes antagonistes ou encore qui avancent l’idée de dépouiller les riches. […] En fait, quand je parle en faveur des riches, ce n’est pas seulement eux que je défends mais la cause de la multitude des pauvres, car ceux-ci sont amenés à devenir riches un jour. Si on élimine les riches, quel avenir restera-t-il aux pauvres ? […] La seule solution est donc de protéger à la fois les riches et les pauvres ; il s’agit des droits de l’homme ».
Tenir de tels propos en République Populaire de Chine entraîne nécessairement de vives réactions. En France, c’est un peu la même chose et finalement c’est dommageable pour tout le monde. Affirmer une telle opinion vous catalogue immédiatement à droite de l’échiquier politico-économique alors qu’à bien y réfléchir, plaider la cause des riches dans l’intérêt général est une idée sinon socialiste au moins communautaire.
L’utopie de l’égalité doit-elle finalement se muer en équité ? Ce serait à mon sens un premier pas vers le début d’une fraternité beaucoup plus grande.
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