Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Théodore

Mardi 7 février 2006
Nous sommes au mois de juillet, il y a quelques années. L'été a raccourci les jupes, ouvert les chemises et mis des sourires aux lèvres. Nous sommes dans une petite ville de province amoureuse du spectacle quotidien, du spectacle des rues. De la vie, quoi !

Sur la place principale, la foule se rassemble tranquillement, dans une ambiance bon enfant. Au loin, une cacophonie sans nom se rapproche lentement, accompagnée par cette foule grossissante. Chacun s'installe plus ou moins loin de la scène montée pour l'occasion. Il est 22H et il fait doux.

Du haut de mon mur, assis à califourchon, je surplombe cette place.

Puis la troupe arrive, se frayant péniblement un passage au milieu des gens. Des êtres étranges, sortes de girafes ou d'éléphants, de grandes sphères métalliques et quelques personnages difficilement descriptibles s'avancent, dispersés au cœur de musiciens. Violonistes, percussionnistes et cornemuses émettent une plainte dérangeante et agressive. Aucun ne se préoccupe de la partition de l'autre.

La scène est en escalier : trois grands paliers noirs, avec des chaises sur le premier.

Les percussionnistes passent derrière et montent sur le troisième palier, le plus haut. Leurs rythmes commencent à se synchroniser. Les bidons qui servent de grosses caisses, toms et autres tambours se mettent à vivre ensemble. L'Afrique ! Les coups sourds viennent droit au cœur et font résonner notre peau. Chacun est un tambour, une grosse caisse, un tom. On n'entend plus les discussions des quelques milliers (2, 3, 4000 ? je ne sais pas) de spectateurs.

Puis les cornemuses rejoignent le deuxième plateau, en dessous.

Le chef d'orchestre entre dans la danse et l'Écosse frappe à la porte de nos oreilles. Afrique et Écosse s'accordent. Les discussions se font plus rares sur la place. Une autre sorte de vibration vient nous chatouiller le corps.

Arrive enfin les cordes : violons, contrebasses, violoncelles se mêlent au jeu lentement. Leur cacophonie trouble la fragile harmonie que venait de construire les cogneurs et les souffleurs.

Entre alors sur scène un elfe aux cheveux de lumière, tout drapé de noir. De loin, seules ses mains et sa chevelure d'or sont visibles. On devine à peine le reste de son corps. Le premier chef maintient toujours les deux premiers plateaux en chœur. L'elfe accorde d'abord les cordes entre elles puis vient les déposer doucement sur le torrent qu'ont créé les percussions et les cornemuses : L'Autriche et l'Irlande se joignent à la fête !

Presque plus personne ne parle. Dans la pénombre du soir, sous quelques projecteurs bien placés, le miracle va commencer.

Le premier chef s'efface et l'elfe prend tout le monde à son compte. Il est énergique mais calme. Il fait monter la puissance et installe les phrases de chacun de ses musiciens. La musique se fait plus forte, plus prenante. L'envoûtement a commencé. Tels les rouleaux qui reviennent sur le sable de la même manière et pourtant chaque fois différemment, la mélodie nous pénètre petit à petit, s'installe dans nos têtes. Les yeux brillants, silencieux, tout le monde fixe attentivement la scène.

Et soudain, pendant une fraction de seconde, l'elfe s'immobilise, laissant les musiciens entre eux, comme pour s'assurer qu'il peut complètement compter sur chacun d'eux.

Puis il prend son envol.

Nous qui croyions que la puissance maximale était atteinte restons abasourdis par ce qui se passe.

Virevoltant d'un plateau à l'autre, d'un violon à un bidon en croisant une cornemuse, l'elfe est devenu lutin. Et la musique nous traverse et nous enveloppe à la fois. Tout notre être est happé par les chants des instruments. Chaque partie de notre corps est comme soutenu par l'un d'eux. Les percussions tiennent le cœur, l'estomac, les jambes et les tripes ! Les cornemuses ont pris possession de haut du dos, d'une partie de la tête et des oreilles. Quant aux cordes, tout ce qui restait n'a pu leur échapper. Et ces violons qui glissent sur notre peau, hérissant les poils des bras…

Seuls les yeux, insensibles aux sons, semblent quelques secondes vouloir déranger cette plénitude. Mais l'elfe est là. Captivant papillon survolté qui puise sa force dans les sons qu'il réclame et qui semble en même temps donner toute son énergie, toute sa puissance à cette musique, il achève la cathédrale invisible qui vient de se construire pour nous, en nous. Chacune de nos cellules vibre en harmonie avec la musique et l'on devient la musique.

Le temps n'existe plus, nous sommes unis, c'est une fusion complète avec les autres, la musique, les étoiles et l'univers entier.

L'infini. La beauté.

Quelques minutes, une éternité ? Peu importe le temps que durèrent ces instants. Chacun d'entre nous est allé ce soir-là aux portes de l'univers, aux confins de soi.

Soudain, tout s'arrête et se suspend sur un geste de l'elfe.

Silence.

Puis le tonnerre.

Même les murs des maisons, les quelques arbres présents et la lune semblent applaudir. Une ovation. On se croirait cent mille. Et personne ne veut s'arrêter. Le temps est toujours suspendu.

Alors l'elfe redevient lutin et reprend sa danse sautillante. Et la musique repart.

Mais le voyage touche à sa fin. La musique, celle qui avait auparavant arrêté le temps, en reprenant a relancé le mouvement des aiguilles. L'elfe maintient l'illusion encore un peu, une nostalgie passagère, puis se retire de la scène. La magie est cassée.


Petit à petit, les cordes se lèvent et quittent leur plateau, continuant à jouer mais se désunissant progressivement. Viennent ensuite les cornemuses et enfin les percussions.

Il retournent tous à la rue, au chaos. Chacun dans sa partition, sans se préoccuper des autres. Et la procession bizarre s'étire et quitte la place. Les gens aussi.

Il est un presque 23H.

Ce soir-là, nous avons aperçu l'infini. Comme un gamin qui regarde furtivement par le trou de la serrure, nous avons entrevu, ressenti l'indescriptible. L'absolu. La réponse à toutes nos questions, la quête ultime ; ce que certains appellent Dieu.

Il n'y avait plus aucune limite. Une puissance sans pouvoir, une force sans violence. Illimitée. C'était cela cette musique. C'est vers cela que doit tendre notre vie.

D'avoir vécu cette magie, de savoir que cela existe, de l'avoir frôlée l'espace d'un instant, cela me donne chaque jour encore plus envie de vivre et d'aimer cette vie.
Par Antonio C.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 9 mars 2006

Retour dans l'univers quotidien après une semaine en montagne à goûter la neige, le soleil, le grand air. Pendant une semaine, coupé du monde extérieur, mon esprit s'est reposé de toutes les turpitudes du monde. WWWAAAAAAHHHHH !!!
Par LE RALEUR
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 4 septembre 2006
La vie entière laisse apparaître
Trop d'occasions devenir cet être
Tout le monde y goûte, souvent dans le doute
Personne ne veut devenir cet être
Tout le monde menteur, demain acteur
C'est impossible au commencement,
les mots nous manquent et heureusement,
Puis on grandit, souvent tenté
On y résiste et puis on glisse
Pour s'amuser, se préserver ou se la jouer,
Dieu seul le sait,
Les bonnes raisons sont toutes trouvées,
Pas justifiées, mais le mensonge naît.
Nécessité ou obligé
Il peut parfois servir l'idée,
Souvent faiblesse, malhonnêteté,
Il peut aussi bien vous ronger.
Seule chose à faire pour l'éviter,
Faut tout vider, faut tout cracher,
La vérité pour amitié….
Mentir n'est pas joué……..
Par MPBB
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 15 octobre 2006
Après des petits "soucis" informatiques, les connexions fonctionnent à nouveau.
Il y a cinq ans et 1 jour, un tournesol rencontrait un platane... Aujourd'hui, il nous accompagne partout où nous allons, partout où je rêve. Et il continue de nous montrer le soleil en chantant avec Lennon...
Il va bien, je ne m'en fais pas
Par Fred
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 13 novembre 2006
Il y a presque 10 ans, deux amis ont décidé d'aller passer une semaine de vacances en stop en Italie avec 3 francs (si, si, à l'époque c'était encore des francs) en poche. J'étais un de ces deux zouaves et nous avions fait au retour un album de mémoire fait de bric et de broc, histoire de garder cela en souvenir.
Au début j'avais pensé vous offrir tous les jours une nouvelle page de cet album étrange mais je ne suis pas complètement convaincu que tout vous intéresse. Et puis il me faut l'accord de l'autre zouave, parce qu'on le voit autant que moi sur certaines photos.
Alors en attendant que je me décide, voici déjà une double photo prise au dessus du lac de Côme, dans l'ascension du mont Tremezzo.
Par Fred
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés