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Samedi 29 mars 2008
Un peu de lecture, pour les soirs sans ordinateurs par exemple...

Carl Honoré, Eloge de la lenteur, Marabout.

Pourquoi sommes-nous si pressés ? Pouvons-nous aller moins vite ? Nous avons décidément tendance à privilégier la quantité de tâches à abbattre à la qualité de nos actes quotidiens.

A l’heure où la performence est requise sur tous les fronts de l’existence (travail, couple, famille, vie sociale et même… loisirs !), Carl Honoré enquête au cœur d’un courant d’opinion baptisé « Slow », qui propose de rééquilibrer rapidité et lenteur dans notre vie, et retrouver ce que les musiciens appellent le temp giusto.

Et si un bon usage de la lenteur pouvait rendre nos existences plus riches ?

Carl Honoré, est un journaliste canadien, qui vit à Londres. Best-seller, Eloge de la lenteur a été traduit en plus de vingt langues.



Daniel Pennac, Chagrin d’école, Gallimard (Prix Renaudot 2007).


« Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l’école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n’étais pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier (Champagne !). Fermé à l’arithmétique d’abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inaptes à l’apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (…) je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachèteraient ni la musique, ni le sport, ni d’ailleurs aucune activité parascolaire…

[J’étais] un cancre. Un cancre sans fondement historique, sans raison sociologique, sans désamour : un cancre en soi. Un cancre étalon. Une unité de mesure. Pourquoi ? La réponse gît peut-être dans le cabinet du psychologue scolaire envisagé comme substitut familial… »

Daniel fait parti de ceux à qui l’on martèle dès le plus jeune âge qu’ils n’arriveront jamais à rien. A en croire les autres (parents, fratrie, ou instituteurs), aucun espoir dans l’avenir ne leur est permis. Et pourtant…

Dans une autobiographie, Daniel Pennac, se raconte depuis ses souvenirs d’enfance pour témoigner de son parcours aussi marginal qu’exceptionnel, égratignant au passage la bêtise de ceux qui croient savoir ce que signifie réussir sa vie.

Pour vous laisser séduire, allez surfer absolument sur www.gallimard.fr/pennac-chagrindecole/


 

par DJYWHY publié dans : Champs de Culture
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Mercredi 12 mars 2008
Le baril à plus de 100 dollars. Personne n'y croyait, nous y voilà et sans doute pour longtemps.
Le litre d'essence à 1,5€ c'est fait également. Comme le vantait une publicité récente, le carburant fossile va devenir un produit de luxe.
Ne serait-il pas temps de revoir notre mode de fonctionnement global en arrêtant la surconsommation ?
Est-ce vraiment nécessaire de parcourir 3000 km pour faire venir des tomates sur un marché ou dans une grande surface ?
Ne peut-on pas proposer des alternatives pour propulser nos voitures si essentielles ?

L'argument massue "s'il existait quelque chose de plus rentable et de moins dangereux, il y a longtemps que ce serait fait" ne tient pas.
    D'abord parce que l'homme - et plus particlièrement ses composantes capitalistes - a toujours réfléchi sur les bénéfices à court terme, l'exemple de développement durable qui n'est encore qu'une idée et loin d'être traduite en actions est à ce point de vue édifiant.
    Ensuite, parce que les exemples d'aberration malgré l'évidence sont légion : ainsi, longtemps en France (jusqu'en 1981) et encore dans de nombreux pays dits civilisés aujourd'hui, la peine de mort fut et est maintenue non pas parce que c'est la meilleure punition du système répressif - toutes les analyses comparatives faites dans les pays l'ayant supprimée montrent que l'évolution de la criminalité n'a aucun lien avec l'existence ou non de cette peine capitale - mais parce que c'est la plus facile : comprendre, juger, trouver une peine appropriée, réhabiliter et réinsérer un délinquant est beaucoup plus compliqué que de le supprimer.
    Enfin, dans de nombreuses situation, l'homme préfère s'attaquer aux effets plutôt qu'à la cause d'un problème (si vous en doutez, jeter un oeil à ce qui se passe dans votre boulot) et les lobbies sont là pour accentuer ce phénomène.

Le pétrole n'est donc pas la meilleure option mais bien la plus facile à ce jour. Et c'est un levier à multiples tranchants pour les pays producteurs comme pour les pays consommateurs, les uns pour ramener de l'argent afin d'investir dans le développement de leur pays - même si tous ne sont pas au même niveau, l'Iran et le Koweit par exemple - les autres pour continuer de creuser leurs dépenses énergétiques et produire plus.

Faut-il pour autant se plaindre ? Pour ma part, je souhaite que cette augmentation continue pour obliger et les pouvoirs publics et les industriels à revoir intégralement leur copie, faire table rase des solutions actuelles pour en proposer de nouvelles, loin des escrologies du carburant vert (hydrophage) ou des batteries (génératrices de déchets en tous genres).
Acculés, je fais confiance à certains pays créatifs pour trouver de bonnes solutions, viables à long terme.
par Milo KASK publié dans : Râlerie
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Dimanche 2 mars 2008
 
 
Comme ce monsieur écrit mieux que moi sur le sujet et possède une crédibilité plus importante sur le sujet (prof agrégé de droit à Science Po), je me permets de remettre ici sa prose que vous n'avez peut-être pas lue.
Nicolas Sarkozy a eu raison de choisir comme terrain d’intervention publique le droit, la nouvelle loi sur la rétention de sûreté et les moyens de la mettre en œuvre après la décision du Conseil constitutionnel du 22 février. Il a eu raison de choisir ce domaine, parce qu’il relève par nature du domaine présidentiel. Les Français attendent de lui qu’il cesse d’être un candidat en campagne pour devenir un président en fonction. Qu’il cesse d’être ministre de tout pour devenir président de l’essentiel. Ils ne lui demandent pas des nouvelles de sa situation amoureuse, pas davantage de trancher le conflit des taxis, encore moins d’instaurer des obligations mémorielles à l’école primaire. Cette fois, donc, le Président ne s’est pas trompé de terrain. Mais il s’est trompé sur tout le reste, commettant trois erreurs et une faute.

Première erreur, la décision du Conseil constitutionnel aurait dû le combler. Le pouvoir en place ne pouvait guère espérer meilleur résultat. Il était en effet quasi inespéré que le juge constitutionnel accepte l’instauration de la possibilité d’un enfermement à vie après avoir purgé sa peine, sans avoir commis le moindre nouvel acte répréhensible, sans avoir fait preuve d’un comportement effectivement dangereux, pour soi ou pour autrui. Il l’a fait en estimant qu’un tel enfermement n’est «ni une peine, ni une sanction ayant le caractère d’une punition». A se demander ce qui serait une peine ou une sanction punitive. Et il était obligé de se livrer à cet audacieux déni de qualification, sans quoi la loi eût été contraire aux principes fondamentaux du droit pénal, consacrés dès la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : nul ne peut être puni s’il n’a commis un délit. Le chef de l’Etat aurait dû se réjouir d’un sophisme qui permettait à la loi par lui voulue d’entrer un jour, au moins partiellement, en vigueur.

Deuxième erreur, non content de s’offusquer de la décision du Conseil en son for intérieur, il fait part de son dépit. Et non content de s’en tenir là, il cherche le moyen de ne pas la respecter, et d’imposer quand même une application immédiate pleinement rétroactive, bien que le Conseil constitutionnel l’ait déclarée contraire à la Constitution. En mettant ainsi en cause une décision du juge constitutionnel suprême dans les vingt-quatre heures qui suivent son prononcé, le chef de l’Etat oublie (pour employer un euphémisme) l’article 62 de la Constitution, selon lequel «les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles». Il oublie également (autre litote) l’article 5 de notre loi fondamentale, qui dispose que «le président de la République veille au respect de la Constitution».

Troisième erreur, au lieu de demander discrètement au ministre de la Justice de rechercher d’autres solutions pour les criminels déjà condamnés, le chef de l’Etat s’adresse publiquement au premier président de la Cour de cassation. Ce faisant, il risque d’instituer ce dernier en juge constitutionnel supérieur du Conseil constitutionnel. En toute hypothèse, il oublie (pour poursuivre dans la modération) la suite de l’article 5, disposant qu’«il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics».

Ces trois erreurs relèvent donc d’une absence de lecture de la Constitution, ou, à tout le moins, d’une lecture des plus contestables de cette dernière. Elles sont donc fort regrettables de la part de la plus haute autorité politique de l’Etat, qui devrait la respecter et en inspirer le respect. Le plus probable reste cependant qu’elles demeurent sans suite grave du point de vue de l’Etat de droit. Si bienveillant soit-il à l’égard de son requérant, on imaginait mal le premier président de la Cour de cassation proposer d’ignorer ou de violer la décision du Conseil constitutionnel. Il s’y est d’ailleurs refusé.

Où l’on en vient à la faute, lourde de tous les dangers. Elle réside dans les justifications apportées par le président de la République lui-même à sa démarche sans précédent. A savoir, le refus de laisser en liberté «des monstres», parce que «le devoir de précaution s’applique pour la nature. Il doit s’appliquer pour les victimes». Voici les grands mots lâchés, qui ne peuvent que susciter l’adhésion immédiate dans notre vidéocratie compassionnelle. «Monstres», «victimes», «précaution». Qui peut souhaiter de nouvelles monstruosités ? Qui peut accepter de nouvelles victimes ? Qui peut leur refuser toute précaution ?

Sauf que ce raisonnement correspond exactement à celui qui fut tenu des siècles durant pour justifier les pires supplices en place publique. Celui qui fut tenu, et l’est encore en certains pays, pour justifier le maintien de la peine de mort. Celui qui fut tenu, et l’est encore par certains gouvernements, pour justifier la torture à l’encontre de terroristes ou supposés tels. Placer un devoir de précaution au-dessus des principes constitutionnels, et le souci des victimes au-dessus de la non-rétroactivité de la loi pénale plus dure, c’est rompre avec plus de deux siècles de droit pénal civilisé. Voilà pourquoi il paraît légitime, par-delà toute préférence politique, d’y voir une triste combinaison entre le populisme pénal qui a dicté l’adoption d’une telle loi et le populisme constitutionnel qui veut l’appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit.

Olivier DUHAMEL, professeur agrégé de droit public à Sciences-Po (à ne pas confondre avec Alain...).
Article publié initialement dans Libération le 27 février 2008

par Olivier DUHAMEL publié dans : Débat et des chaussettes
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