Il semblerait aujourd’hui, qu’il faille être dans le commerce, la finance ou la mode pour réussir l’écriture d’un roman à la sémantique souvent douteuse.
Tout se vend, tout se rentabilise, tout se montre et donc tout peut s’écrire avec succès.
L’aide humanitaire semble avoir eu ses jours de gloire, mais pourrait sans doute être cotée en bourse pour exotisme à rentabiliser.
Le soin a vocation à être rentable, l’éducation se négocie, le handicap se quantifie.
C’est quoi la subsidiarité ?
La hiérarchie de l’éminence grise ?
Sûrement, ou plus simplement la nouvelle mode d’un discours politico-humaniste éculé.
Comment croiser le sens de ses écrits avec le sens qu’un certain nombre de lecteurs pourrait attribuer à nos propres mots, nos phrases, nos écrits ?
Là aussi le sens commun semble se décliner en sens catégoriels ou plutôt en sens du moment, du médiatiquement audible, du politiquement porteur.
Alors peut-on encore se risquer à dire, à écrire, à élaborer, un raisonnement une pensée sur un sujet, un thème, une problématique qui nous préoccupe, sans être taxé d’appartenir à tel ou tel courant, à tel ou tel mouvement ?
Une réponse qui se voudrait affirmative apparaîtrait aujourd’hui comme bien péremptoire !
Pourtant, la libre expression n’est pas encore « interdite de séjour » lorsqu’on a la chance d’être ressortissant français !
Alors au risque d’être ignoré, récupéré, ridiculisé, usons de cette liberté réduite puisque pouvant être potentiellement exploitée, transformée, utilisée, par ce pouvoir sordide et diabolique que représente aujourd’hui la reine « Média ».
Il est parfois salutaire de se laisser aller à un exutoire verbal. Vous allez vous demander en fait mais après quoi se met-il en colère, et bien dans un premier temps tout simplement après la déliquescence des écrits racoleurs, qui semblent pourtant intéresser de plus en plus de lecteurs aux exigences faciles. C’est en fait un exercice initiatique pour soutenir le « Raleur » qui par son existence salutaire nous permet malgré tout de nous risquer à écrire. Je suis heureux de renouer avec cette participation d’écriture qui remonte à l’époque de sa version papier.
Cette courte prose m’apparaissant un peu légère, je vous invite à lire un roman récent surprenant de Flore Vasseur. C’est son premier roman : « Une fille dans la ville » (Edition des Equateurs). Le style est particulier, mais alerte, le vocabulaire parfois surprenant, mais l’auteur devinant notre étonnement nous donne quelques définitions en marge des pages. Sa bibliographie ? C’est en fait une discographie !
Il n’est fondamentalement pas très drôle mais j’ai apprécié cette nostalgie désabusée qui au delà d’une apparente légèreté ridiculise ceux et celles qui ont cru et qui croient peut-être encore à l’idéologie capitaliste, expression que je considère pour le moins paradoxale et plutôt aberrante. Comment peut-on adjoindre au terme abject de « capitaliste », un substantif qui irradie l’idée, la doctrine philosophique !
Alors bonne lecture.







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