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Mercredi 1 juillet 2009
Il y a quelques jours, j'ai aperçu une pub pour le "nouveau" sucre de marque Daddy et je me suis dit : "là, on touche le fond". Que nous ont donc inventé les rois du marketing ?? Je vous le donne en mille : un sucre... rond !! Enfin cylindrique (si un de ces marketeurs me lit, qu'il révise la différence entre les formes en 2 dimensions et celles en 3 dimensions).

Exit le sucre en brique, aux oubliettes le parallèlépipède rectangle soigneusement aligné dans sa boîte, voici venir le sucre en cylindre pour le grand bonheur non pas du consommateur (en combien de mots ?) mais de toute la chaîne producteur-intermédiaires-distributeurs.
Et alors, me direz-vous, nous avions déjà vu naître des cubes, plus petits que la brique, moins culpabilisant pour celui ou celle qui faisait régime, les trèfles, piques, coeurs et carreaux en 3D déjà compliqués à ranger dans une boîte. Alors pourquoi s'acharner sur ce cylindre de betterave raffinée ? Parce qu'on atteint une dimension nouvelle dans le fait de prendre le consommateur pour un con tout court et qu'on part à l'envers de tout ce qu'on nous rabache quotidiennement concernant la diminution des déchets.

Je m'explique : si la brique et le cube se rangent parfaitement (parfois même un peu trop serrés) dans leur jolier boîte en carton, cela ne va pas être la même pour des cylindres : bonjour la perte de place (22%, info vérifié par divers sites dont Rue 89), les espaces vides et donc la disproportion d'emballage pour contenir cette nouveauté. Tout comme nos amis des couleurs de cartes précédemment évoqués.
Deux options : soit ils nous font des boîtes plus grandes pour avoir notre kilo de sucre, soit ils gardent la même taille et nous vendent 780 g pour un prix similaire au kilo. On me souffle une troisième hypothèse : on vent les 780 g de cylindres plus cher que le kilo de parallèlépipèdes, histoire d'amortir les chaînes de fabrication et de conditionnement qu'il a fallu inventer. Dans tous les cas, il faudra plus de camions pour transporter le même poids de sucre et plus d'emballages donc plus de pollution et déchets. Les gentils consommateurs, levez la main...

Ensuite, le demi-sucre. Car certains prennent un malin plaisir à ne mettre qu'un demi-sucre dans leur café. Que vont-ils devenir ? Combien de pouces et autres index vont finir meurtris par une tentative de section par le milieu ? Combien cèderont à la deuxième tentative et mettront un sucre entier dans leur tasse, glissant par-là même vers une fin de vie diabétique ? Car si la brique s'y prête, le cylindre beaucoup moins.

Enfin, outre le fait que le sucre raffiné pollue (fabrication) et ne sert pas à grand chose pour l'organisme (lui préférer les formes naturels comme le miel pour être parfaitement assimilé), prendre les gens à ce point pour des pigeons - "oh regarde, un sucre rond, il m'en faut absolument pour rendre jaloux ma voisine la prochaine fois qu'elle vient prendre le thé !" - est révoltant.
Alors j'invite toutes celles et tous ceux qui utilisent du sucre ou pas de boycotter et faire boycotter cette soi-disant nouveauté.

Par C.W. - Publié dans : Râlerie
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Lundi 29 juin 2009
Mme BOUTIN ne fait pas foncièrement partie des personnes politiques que je suis ni que j'apprécie particulièrement.
Toutefois, lors de cette interview sur Europe 1, je l'ai trouvé plus qu'intéressante : parce que faire preuve de franchise sans tomber dans l'amertume dévastatrice, ce n'est pas donné à tout le monde. Alors je vous invite à l'écouter (et la regarder : c'est quelquechose de formidable que nous permet le net aujourd'hui : regarder la radio...) et à en tirer les conclusions que vous souhaiterez.
Sur ce coup-là, j'ai beaucoup de respect pour la femme politique.


Boutin : "J'ai appris mon jetage au 20 heures"
par Europe1fr
Par C.W. - Publié dans : Débat et des chaussettes
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Mercredi 24 juin 2009
L'un des sujets de philo au bac cette année était celui-ci.

Comme l'écrit Vincent CESPEDES pour Libération, c'est "le plus beau sujet du Bac philo 2009. Beau parce que poétique (c’est-à-dire faisant trembler nos émotions les plus intimes) et politique (c’est-à-dire faisant trembler le monde)".

Pour ceux qui veulent la démonstration complète, elle est disponible ici.

Pour ma part, j'en conserve ici quelques extraits :


"On pense tout de suite aux transactions matérielles – troc, argent, biens divers. Puis l’immatériel nous saisit – conversation, dialogue, confidences, apprentissage, mais aussi émotions, tendresse, amour. Point commun : pour qu’il y ait échange, il faut que je prenne et que je donne, autrement dit qu’il y ait transaction entre au moins deux partis, transmission mutuelle. Comment, dès lors, parler de «gain», si la nature même de l’échange est de tendre vers la réciprocité, le donnant-donnant, l’accord des deux parties ? Inversement, si l’échange est déséquilibré, s’il induit une nette différence permettant de parler d’un «gagnant» (victorieux) et d’un «perdant» (lésé), en quoi s’agirait-il encore d’un échange, à proprement parler ?

Une distinction semble ici nécessaire. Dans l’échange matériel, ce que je donne ne m’appartient plus, je le perds au profit de ce que je reçois en contrepartie ; tandis que dans l’échange immatériel, je ne me dépossède pas de ce que je donne. L’échange matériel inverse la possession des choses, change les titres de propriété (cela vaut également pour les flux virtuels de la Bourse) ; l’échange immatériel, en revanche, est un partage. Je ne perds pas le savoir que j’enseigne, l’information que je livre ni la caresse que je prodigue.

Le commerce des biens est une translation négociée, où dans le meilleur des cas chacun ressort «gagnant» quand il atteint ses objectifs – des objectifs quantifiables −, mais où il est coutume d’essayer de sortir plus gagnant que l’autre, voire de l’écraser. [...] Au bout de cet échange-là, si l’on pousse sans frein sa logique guerrière, il y a l’esclavage et la déshumanisation: que l’on soit riche ou pauvre, personne n’en ressort gagnant. [...]

[Le] gain de l’échange en lui-même, indépendant du bénéfice financier, est [lui] bien mis en valeur dans la pratique très orientale du marchandage. Discuter un prix, charmer, convaincre, jouer, cela vise bien plus qu’une négociation commerciale, n’en déplaise aux touristes cul-serrés. C’est le plaisir de l’échange pour l’échange, contrairement aux marchands européens qui arnaquent peut-être davantage mais en toute objectivité, puisque leurs prix sont affichés. Discuter un prix sur le marché, c’est d’abord et avant tout discuter. Le gain n’est pas d’abord un profit quantifiable mais une complicité, une énergie transmise, un enthousiasme qui rapproche. Or, ce commerce des âmes, bien plus vital que celui des biens, fait cruellement défaut aux sociétés technocratiques et informatisées. [...]


Oui, c’est de la vie qui s’échange dans l’échange immatériel, y compris les informations prétendument «objectives» dont nous abreuvent les mass media. Qui n’a pas senti dans l’échange quel qu’il soit une certaine «magie qui passe», une «bonne vibration» qui chamboule nos émotions et ancre l’autre dans notre corps, notre cœur, notre mémoire ? La philosophie française, obsédée par l’allemande, a trop longtemps dénigré et méprisé cette expérience singulière et essentielle qui bouleverse tout un chacun. [...]


Que gagne-t-on à échanger? – Un accroissement de vie ou, pour le dire autrement : un supplément d’âme. Un essor, aussi infime soit-il, qui déploie et vivifie grâce à l’autre nos désirs, nos rêves, notre identité, nos talents. C’est la leçon qu’Édouard Glissant nous chuchote, depuis sa Caraïbe : «Je peux changer, en échangeant avec l’Autre, sans me perdre pour autant.»

Vincent Cespedes, philosophe, écrivain

Par Milo KASK - Publié dans : Boîte à bidules
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Mardi 23 juin 2009

Coraline est un splendide film d'animation plein de trouvailles visuelles qui ne demandent qu'à exploser en 3D (paraît-il car je l'ai vu dans un cinéma classique). Si l'on retrouve sans peine l'univers du réalisateur de l'Etrange Noël de Monsieur Jack, l'histoire est beaucoup plus réaliste : Mlle Coraline s'ennuie dans sa nouvelle maison où ni son père écrivain ni sa mère overbookée ne daignent lui accorder une minute d'attention. Malgré des voisins un peu étranges, Coraline s'embarque dans un tunnel et une drôle d'histoire d'autre maman et d'autre papa.
Derrière la fable ou le rêve - au choix - , la place des parents, leur disponibilité et leurs carences sont finalement le coeur du sujet. Si la cible principale tourne autour de 8-11 ans, les plus petits (pas trop quand même) et les plus grands y trouveront toutefois leur compte/conte.
Par C.W. - Publié dans : Champs de Culture
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Dimanche 21 juin 2009


LAYAR, c'est son nom et c'est le début du futur...
Voici le premier mobile qui propose la réalité augmentée. Réalité augmentée ? Kécécé ? Il s'agit de la réalité visuelle face à vous augmentée d'information en temps réel en surimpression. Il s'agit d'un concept déjà présent dans les casques des pilotes de chasse : sur leur visière est projetée une somme d'informations qu'ils peuvent utiliser au mieux en fonction de leur mission. Certains véhicules le proposent également sur les pares-brises intérieurs (avec un risque d'en oublier la route...). Vous cherchez un petit restaurant ? Pas de problème : balayez la rue que vous avez devant vous et hop il vous dira le nom, s'il est ouvert, ses spécialités... Et dire que mes enfants auront cela directement sur leurs lunettes de soleil dans 15 ans. Elle est pas belle la vie ?
Par C.W. - Publié dans : Boîte à bidules
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